Torture

18 novembre 2009 par LaPin

En pleine adolescence, mes illusions s'estompent, et mes vices surgissent.

Ludomane en pleine séance de torture jouissive

Sur le chemin de la maturité, je décèle deux choses.

D'une part, je réalise combien les humains sont pervers à l'égard des animaux. Papa-razzi prend un malin plaisir à suspendre ma souris de jeu en l'air et à guetter l'instant propice pour faire l'image de sa vie (même si je reste très sceptique sur la propension d'une telle image à susciter quelque engouement, étant donnée l'immense quantité de photos félines disponibles sur le net). Je ne suis pas dupe et je ne manque pas de le lui signaler d'un regard dédaigneux. Sadique. Voyeur. Satyre de félins. Cela dit, je reste partagé entre l'envie de lui montrer mon anus une énième fois en signe de mépris amoureux et celle de m'envoler pour attraper la bestiole factice qui oscille au bout du fil.

C'est là que je comprends ma vraie nature. Mi être de lumière, observateur et agile, mi tueur assoiffé de poil de souris (chacun son truc hein). Ce dernier instinct, particulièrement grisant, se saisit de moi malgré mes exceptionnelles capacités de maîtrise de moi, de manière quasi irrépressible. Et les récents combats singuliers de voisinage, tout traumatisants qu'ils furent, me semblent rétrospectivement porter en eux leur dose de plaisir, malgré les blessures qu'ils m'ont couté.

A ma place un être humain de culture judéo-chrétienne serait en plein questionnement, à la croisée de plusieurs chemins possibles (la repentance, le déni, ou l'assouvissement). Moi non. J'observe simplement (aussi froidement que la règle de l'art m'impose d'observer ma proie avant de la torturer longuement puis la trucider) que je suis une belle bête, et fière de l'être.