Impérialisme : je sens que c'est mon tour

19 janvier 2010 par LaPin

Oui je sais je manque d'assiduité ces temps ci à la rédaction. Mais depuis mon retour de vacances je suis ne suis plus le même félin.

Je dois avouer avoir manqué de pisser sous moi dans la voiture lors du premier voyage. Comme un chaton de six semaines. Ça m'a permis de relativiser. C'est vrai la confiance, ça vous gagne au fur et à mesure que les premiers mois passent. On commence à se pavaner, à sentir que l'annexion des terrains voisins est à sa portée, qu'ont est la coqueluche de sa famille et des autres humains aussi. C'est grisant. Mes oreilles hyper performantes (quarante fois plus que les vôtres bande d'insensibles) ne cessent d'entendre que je suis trop mignon, super doux, hyper affectueux. C'est vrai que du côté du gringue aux humains, j'ai du talent (quand je vois certains collègues hargneux, farouches et flippés au moindre coup de vent, incapables de présenter autre chose aux humains que leur anus, je remercie le bon dieu).

Oui avant le départ, je commençais à me la péter. Je leur ai bien fait faux bond le jour du voyage. Mais n'empêche que je me suis retrouvé dans cette maudite cage. J'ai cru que c'en était fini de moi. Que j'allais devoir repartir à zéro, confié à une famille d'appartement.

C'est en rentrant que j'ai pigé : les humains partent temporairement loin de chez eux, mais ils reviennent. Renforcé par cette épreuve, j'ai décidé de profiter à fond de ma bonne santé et de mon insatiable curiosité pour serrer un peu la vis dans ma gestion territoriale. De retour sur mes terres, j'ai élargi la zone. J'ai bourlingué, j'ai rencontré moult nouveaux collègues plutôt dociles, mais aussi de nouveaux humains, qui m'ont conforté dans l'idée que même si ma maison brulait, je pourrais vite trouver une nouvelle famille d'accueil pour m'assurer le gite et le couvert.

Avis de recherche : LaPin a disparuCe genre d'exploration n'est pas sans risque, mon instinct le sait. Mais j'ai besoin de vivre ma vie à 100%. En plain raid sur l'immeuble inexploré au bout de la rue, j'ai suivi un collègue, suis monté en suivant un monsieur, suis rentré. On m'a tout de suite caressé, tout le monde se posait des questions. Je donnais le change parce que je suis bien élevé (au fond), du coup on m'a servi un diner, et c'est là que j'ai vu le gros matou se pointer, l'air de dire "mon grand c'est chez moi ici". On a feulé on a fait un concours de hérissement on s'est donné des coups de pattes on s'est observé on a fini par se renifler l'anus on à joué à chat quoi. Puis la dame, qui avait l'air vraiment vraiment désolée, a fini par m'ouvrir la porte et me dire de partir. Nickel pour moi : j'avais déjà fait le tour de l'appartement, alors je suis parti. C'est là que j'ai percuté qu'il faisait un froid de gueux et que ma fabuleuse fourrure dense et rousse s'était habituée aux vingt degrés qui régnaient chez les humains, et que les dix degrés sous zéro de l'air extérieur et le manteau blanc de la neige créaient un choc thermique en fort contraste avec les événements précédents. Je continue ma reconnaissance de ce territoire qui semble sans limites. J'ai bien conscience que je m'éloigne, mais je continue, même si la neige me gèle les coussinets et me fouette les moustaches.

Trois heures plus tard, sur le chemin du retour vers la maison, j'aperçois de la lumière là où on m'avait offert à souper quelques heures plus tôt. Je miaule fort pour remercier, j'insiste. Là une autre fenêtre s'ouvre, et une autre dame me voit. Trois minutes plus tard, cette même dame ouvre la porte de l'immeuble, me prend dans ses bras et m'embarque. Bon remarque je n'ai rien contre, à ce moment là, les trente sept degrés de sa poitrine. Elle me sert du lait et des croquettes (il y a un chat dans cette maison), et voilà un collègue papy qui se pointe. Il n'a pas l'air belliqueux. Je le jauge d'un coup d'oeil cinglant. Il abandonne tout de suite. Je suis chez moi. J'ai conquis cette maison. La preuve, c'est que la dame m'invite dans son lit, qui ne sent pas le gros matou. Ehehehehe. Il suffit de laisser le charme agir (et de soigner son pelage), et clac, on a droit à des privilèges que mêmes les autochtones se voient refuser depuis belle lurette. A ce moment là je me la pète encore.

Le hic, c'est que je ne suis pas dans une maison. Le matou a sa gamelle, son panier et sa litière. Parfois il met le nez à la fenêtre. A se demander s'il a le droit de sortir... J'ai donc dormi entre madame et monsieur, impecc. Monsieur ronfle nettement moins que papa. Au matin, on me sert une collation, puis fidèle à l'habitude, j'approche de la porte, histoire de retourner vaquer à mes opérations de conquête. Et là il ne se passe rien. J'entends dire qu'il fait un froid de canard, à ne pas mettre un chat dehors. J'entrevois les prémisses d'une séquestration. Je frémis. Je fonce consulter le matou, qui finit par me répondre que naturellement, il va dehors, qu'il a déjà conquis ces terres avant moi, que je ne suis qu'un blanc museau bien prétentieux de croire que toutes ces terres m'appartiennent, et qu'il pourra me prouver qu'il connaît mieux le quartier dès sa prochaine sortie.

Euh matou, c'est quand la prochaine sortie ? Parce que c'est pas tout ça, mais moi, je ne pisse plus dans une litière depuis deux mois. Et que je me connais : si je me retiens trop longtemps de faire ma crotte, je peux devenir vraiment très très méchant. Et le temps passe. Je commence à regretter ces excès de bouffe qui s'accumulent dans mon gros intestin. La pression monte de toute part. Je me soulage partiellement dans la litière du matou, mais ça me dégoute, et je commence à m'impatienter.

La réalité, c'est que ça s'est éternisé. J'ai appris plus tard que les parents avaient lancé un avis de recherche, que ma photo avait été placardée dans toute la région. Trop fort : la pipolisation de ma félinité, ça me plaît je dois dire. L'avis de recherche a fini par fonctionner. J'ai vu maman et mes frères et soeurs arriver, et discuter avec madame. On m'a mis sous une doudoune et on m'a ramené à la maison.

 

J'ai retrouvé l'avis de recherche.

Commentaire de enzo

1 février 2010 à 04:41 PM

et c'était quoi la récompenses? Des croquettes? Parce que c'est moi qui ait soufflé à ton pôpa l'idée des affichettes..