Baston

26 septembre 2009 par LaPin

Le goût du sang me gagne. Même pas mal. Trop fier pour ça.

El Gato du voisinL'autre jour j'ai surpris un gros matou sur mon territoire. J'étais pénard en train de buller quand il atterrit depuis un arbre que je n'avais encore jamais escaladé, au fond du jardin. Je fais demi-tour (alors que je m'apprêtais à rentrer casser la croute et voir s'il n'y avait pas un peu de nesquik qui traînait), je presse le pas (mais bon, pas la grande cavalcade non plus, il était mahousse) et il se carapate par le même arbre. Regardez comme il me toisait depuis le mur !! (comme il se la pète j'hallucine...)

Ni une ni deux. J'improvise, bondis dans l'arbre, arrive tant bien que mal en haut. Wow, ça valait le coup.

Je me hasarde à descendre dans ce beau jardin bien entretenu, et je tombe truffe à truffe avec ce gros matou. Je l'avais pas imaginé si costaud. Pétard j'ai hérissé immediato et j'ai esquivé des coups de pattes griffues qui sifflaient dans l'air même quand ils ne faisaient pas mouche. J'ai cru que j'allais faire un infarctus, mais curieusement, les quelques coups portés m'ont rassurés et je me suis rué sur lui en feulant ma mère (paraît qu'on l'a entendu dans tout le quartier la baston, c'est que j'ai de la voix) et ben il a fini par se barrer très lentement genre tu me fais pas peur. Il avait l'air un peu désolé de jouer contre un nain d'une autre catégorie. Mais merde quoi, c'est quand même moi qui l'ai impressionné. Y a aussi que j'ai pas fait de vieux os, j'ai foncé le plus loin possible. J'ai tellement foncé que je me suis retrouvé dans la rue.

Mais y a eu des bons côtés ! C'était ptet pas un grand pas pour la félinité, mais un grand pas pour le chat que je suis : du haut de mon mur, je me suis soudain senti comme David Livingstone quand il a découvert les chutes Victoria (dont le vrai nom est Mosi-oa-Tunya, la fumée qui gronde, c'est en voyant sa tronche de cake que j'ai capté... c'est vrai je me suis dit il va finir par se mettre à cracher de la fumée, ou même des flammes). J'avais sous le nez un jardin trois fois plus vaste que le mien, cerné par un réseau de murs qui ouvrent de nouvelles perspectives à ma curiosité naturelle : de quoi aller tranquille faire le tour du propriétaire en surplombant le quartier. Ce que j'aurais volontiers fait en touriste si le proprio n'était pas si possessif et belliqueux. Mais dans ma fuite, j'ai fait une seconde découverte majeure (paske chez moi, y a deux jardins, un derrière, celui dont je parle ici, mais aussi un devant, côté rue bagnoles poubelles caniveaux, un peu comme s'il y avait un côté rural et un côté urbain ; et la maison sépare les deux côtés, impossible de passer d'un côté à l'autre s'il n'y a pas une porte ouverte) : alors là j'ai compris que je pouvais aller en ville ou à la campagne à ma guise, pourvu que je sois dehors, apte à affronter les congénères et autres animaux de la faune locale.

Affranchi je me sens. Pas si mauvais le goût du sang.

 

Bon allez je trace, y a l'anniv' de Papa.