la vie de LaPin

ma laïfblog par LaPin

Ces gastéropodes sont facétieux

15 juillet 2010 par LaPin

Les escargots s'envoient en l'air Avec l'humidité ambiante des dernières 24h, je n'ai pas franchi le cap de la terrasse. J'en ai profité pour observer ces étranges bestioles, à la fois lentes et rapides : elles perturbent mon système nerveux hyperréactif avec leurs mouvements quasi invisibles. N'empêche que pour les photographier en train de faire du saute-escargot, j'en ai bavé.

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Mon premier geai

12 juillet 2010 par LaPin

i am a geai killerContrairement à l'image totalement idéalisée et condescendante que papa véhicule à mon égard depuis mon retour, je tiens à rappeler que je suis un très vilain prédateur, capable désormais de terrasser plus de deux tiers des proies volantes que j'attaque.

 

Pour le prouver, je m'en suis pris à un habitué du quartier, le gros geai Jojo qui me gonfle si souvent quand je fais la sieste.

 

Baignant dans une torpeur féline, vautré sur un transat bien ventilé, mon ouïe ultrasensible alerte tout mon système nerveux d'une forte décharge d'adrénaline : Jojo, juché sur un thuya mort, me jette un regard moqueur, cocarde sèchement, sourire au coin du bec. Il ignore qu'il vient de signer son arrêt de mort.

 

A mon premier mouvement, Jojo décolle, saute d'un coup d'ailes de l'autre côté de la maison (plus accessible par les airs que monté sur coussinets), et cajacte de plus belle histoire de se faire entendre. Ses frigulotages m'exaspèrent. Je vois rouge, m'étire, franchis sans bruit le mur d'un habile rebond, me fonds discrètement dans le jardin voisin, et amorce mon approche, uniquement guidé par mes paraboles velues, concentrées sur les cris rauques et perçants de Jojo.

A pas de velours, centimètre par centimètre, je raccourcis la distance qui me sépare de ma proie fringotante.

Contact visuel (unilatéral, Jojo est trop occupé à parader en émettant des skrrèèik peu mélodieux, dont j'ignore s'ils me sont destinés ou bien s'il s'agit de quelque incompréhensible langage amoureux).

Position d'affût contre le vent, très faible en cette étouffante journée d'été. Jojo volète de buisson en buisson, insouciant, voire imprudent, à se demander s'il se souvient avoir défié un spécimen d'élite de son plus dangereux prédateur. Pour ma part, je ne l'ai pas oublié, et ne l'oublierai jamais. Si je n'abats pas Jojo, j'abattrai sa femme, ses enfants ou sa grand mère.

Alors que je ne bouge pas d'un millimètre, Jojo, toujours aussi imprudent, s'installe dans ma ligne de mire, occupé à picorer quelques gendarmes tiédis par le soleil. Je sens mon pouls s'emballer, des tas d'hormones pas tendres se déverser dans mes veines. C'est le signal de l'attaque. Du haut de mon mûr, je bondis sur Jojo, et lui assène un sévère coup de patte sur une aile, histoire qu'on soit à armes égales.

Jojo appelle à la rescousse en cajactant bruyamment. Secrètement, j'espère que le reste de la famille va se pointer pour assister au spectacle, mais mon bon sens animal me dit que personne ne viendra.

C'est entre Jojo et moi que ça se passe, et je viens de le mettre semi-KO. La seule défense qui lui reste sont ses cris rauques et perçants, dont je me dis qu'ils feront peut-être même changer d'avis des éventuels humains pris d'une soudaine compassion pour Jojo et tenteraient de s'interposer. Jojo n'offre plus de réelle résistance et je prends un malin plaisir à le faire souffrir juste ce qu'il faut pour qu'il ne meure pas tout de suite.

Papa, probablement alerté par le remue-ménage, ouvre la porte fenêtre et me lance un regard à la fois effrayé et encourageant. Il disparaît et revient aussi sec avec un appareil photo. Je me hâte de boxer Jojo pour faire bonne figure et immortaliser un grand moment de chasse : mon premier geai des chênes.

Ceci dit, je sens bien la menace. Maman sort, scandalisée, en disant qu'il faut faire quelque chose. Je botte alors le croupion de Jojo pour l'éloigner des spectateurs humains, qui ont une trop forte tendance moralisatrice voire interventionniste dans la loi de la nature, qu'ils bafouent pourtant à longueur de journée à coup de chimie dévastatrice et de torture incessante sur la gent animale.

Jojo commence à m'ennuyer. Il continue à fringoter, les voisins sortent également pour satisfaire ce besoin irrépressible qui mêle voyeurisme et certitude d'être là pour régler des situations qui ne les concernent pas le moins du monde. Je chope Jojo dans la gueule, et entreprends de grimper dans un arbre, à l'abri des regards indiscrets. Mais bon dieu ce qu'il est gros ce Jojo, je ne suis gère habitué à trimbaler une telle masse, qui plus est encore suffisamment vivante pour déclencher des soubresauts à ébranler mes canines.

La suite, vous la connaissez. Las d'entendre ces humains dire "ah, il est dans l'arbre", je me suis éloigné, pour trouver enfin un coin tranquille où je pourrais contempler sereinement son agonie en espérant secrètement qu'un membre de sa famille essaie de venir à sa rescousse. Mais le doublé, ce sera pour une autre fois.

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Il y a quand même des hommes clairvoyants

6 juillet 2010 par LaPin

Il y avait un énorme chat qui, tel une divinité dédaigneuse, se laissait caresser par les clients. Il entra, le chat était là, endormi. Dahlmann demanda une tasse de café, la sucra lentement, la goûta (dans la clinique, ce plaisir lui avait été interdit) et il pensa, pendant qu'il lissait le noir pelage, que ce contact était illusoire et que le chat et lui étaient comme séparés par une plaque de verre, parce que l'homme vit dans le temps, dans la succession et le magique animal dans l'actuel, dans l'éternité de l'instant.

Jorge Luis Borges
Le Sud

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Moi aussi je suis content de le retrouver, mon lapinou minet

25 juin 2010 par LaPin

Tout joisse de retrouver mon lapinou minet

Me revoilà là.

 

Et ben je suis pas mécontent de retrouver mon canapé et mon lapinou minet !

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Incrust' dans un shooting

9 mai 2010 par LaPin

 

Incrust en plein shooting de kikois

Ce matin ils ont mis la table au fond du jardin, ils ont disposé des serviettes de plage dessus, et ils ont commencé à s'exciter avec leurs appareils photo.

Ces serviettes de plages, je m'y étais déjà intéressé. Un jour maman s'est pointée avec un gros carton qui sentait le grand oncle. C'est en lisant l'origine de la marchandise que j'ai compris pourquoi : ça vient du Kenya. Le Kenya pour nous les félins, c'est un peu comme La Mecque pour un musulman ou Tignes pour un skieur : une sorte de lieu de culte, la genèse de notre race.

Alors je n'ai pas pu résister : je me suis incrusté d'un air désinvolte, vautré sur les kikois savamment disposés, posé un peu (parce que ma présence n'a pas fait cesser les rafales du déclencheur).

Je dois dire que j'aime bien les couleurs chatoyantes de ces serviettes, et leur côté éponge est vraiment super doux. Je les ai mordillé tendrement (comme je fais avec mes copines et de temps en temps avec les parents, en période de pénurie), et puis j'ai piqué un petit roupillon.

 

 

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Vacances chez Granpapa-razzi

3 mai 2010 par LaPin

LaPin aime son tas de bois et son tas de pierres

Après donc un trajet fort désagréable (on pose négligemment un lecteur dvd vibrant et grésillant de sons étranges - terrible pour moi qui suis extrêmement électrosensible), la porte s'ouvre. Ca sent la mousse sèche, le bois brisé et le printemps.

Mes premières sensations confirment mon intuition : le coin est peuplé de bêtes. Certaines dont je reconnais l'odeur, d'autres dont j'ignore le parfum.

Granpaparazzi c'est lui

On est chez celui que j'ai surnommé le grandpapa-razzi, parce qu'il se lève hyper tôt le matin pour aller photographier des bestioles indigènes déguisé en buisson.

Aussi parce que c'est le père de papa-razzi (mon grand-père en quelque sorte). Il me reluque d'un œil professionnel et distant, mais je sens que mon charme finira par agir, même sur ce genre d'humain à tendances cynophiles.

Au menu cette semaine : mulots et lézards...

le mulot sacrifié sur l'autel de l'humanité J'ai enfin pu prouver que je suis ne suis pas un chasseur de souris factices ni un chat des villes inapte à tuer.

J'ai dormi trois heures par jour, j'ai exterminé une douzaine de mulots et arraché une vingtaine de queues à des lézards (la queue qui frétille toute seule d'un côté et le lézard qui s'enfuit de l'autre, c'est très amusant !).

Au bout d'un moment, je n'avais plus très faim, alors j'ai fait une offrande de mulot aux humains, histoire qu'ils cessent d'insinuer que je suis un piètre chasseur. I'm a killer. Copy that ?


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Au fond de moi, je suis un tueur

1 mai 2010 par LaPin

i'm a killer inside

Mais en guise de préambule, regardez moi bien dans les yeux, et

n'oubliez jamais qui je suis au fond de moi !

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I am the king of the pomme de pin

1 mai 2010 par LaPin

week end en sologne

Wow le trajet valait la peine.

J'ai découvert la forêt de Granpaparazzi cette semaine.

Pas croyable comme j'y suis allé à reculons (voire contraint dans ma boite à félin, transbahuté dans une voiture remuante et bruyante) et comme je me suis éclaté, contre toute attente.

Je vous raconte pas... Je vous raconterai ptet. Trop de bêtes. La chasse miraculeuse.

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Les beaux jours reviennent

12 avril 2010 par LaPin

bronzette en avril : ne te découvre pas d'un fil
Chalut ! Oui je sais ça fait un bail, mais faut dire que les beaux jours reviennent, et comme je suis en pleine croissance, j'ai tendance à passer mon temps en vadrouille. Bon cela dit, de temps à autre, j'ai de bons moments à l'intérieur.

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Méthodologie de la chasse en chambre

9 mars 2010 par LaPin

J'ai rencontré hier une bestiole amusante appartenant très probablement à ma soeur (elle a dû l'extorquer à sa grand-mère lors d'un passage dans une boutique jurassienne). Je m'éclate avec Ecureuil, et j'en profite pour peaufiner ma méthodologie de chasse en chambre (étape incontournable avant que je devienne une arme de destruction massive de rongeurs et petits oiseaux).

 

 

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Blaireau commence à me chauffer

8 mars 2010 par LaPin

Blaireau se croit chez lui dans MON jardin. Il est hyper agressif alors que je suis doux comme un agneau. Alors je le traite comme un chien, c'est ce qu'il mérite.
Il faut qu'il arrête de se croire chez lui ce Blaireau

Dans: impérialisme 

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Je lui ai trouvé un nom

7 mars 2010 par LaPin

Blaireau ? Ce nom lui va comme un gant !

C'est bon je lui ai trouvé un sobriquet champêtre. Ce voisin qui est moitié mon copain moitié mon rival a toujours été infoutu de me dire comment il s'appelle. Je le soupçonne d'illettrisme.

Alors j'ai décidé de l'appeler Blaireau. Ça lui va bien non ?

 

La petite histoire c'est que je me fous bien de sa gueule depuis trois semaines. Il avait mal au derrière depuis longtemps : c'était tout enflé. Alors il a été mis en examen chez le lapinologue, s'est retrouvé hospitalisé, anesthésié, et quand il s'est réveillé, ça avait certes désenflé (son derche), mais il s'est retrouvé tout épilé du cul. J'ai piaffé de rire quand j'ai vu ça, il était furax (faut dire qu'il a un caractère de cochon).

Je vous (re)présente : Blaireau (eheheheheh).

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La Quezac un truc de dingue

3 mars 2010 par LaPin

LaPin attaque la Quézac en représailles

Papa a commencé à avaler une ample lampée au goulot d'une bouteille bleue. Sous le museau il m'a fait ça. Il a réprimé un rot. Ensuite il a pris ma gamelle à lait. Mes babines ont frétillé à l'idée de goûter bientôt à ce bovin nectar.

Mais il a versé un liquide étrange de sa bouteille bleue dans ma gamelle à lait. Génétiquement curieux, j'approche les moustaches. De curieuses vibrations se font sentir dans mes vibrisses. Des frétillement hystériques se déroulent purement et simplement là, dans ma gamelle jaune, me voilà fébrile.

D'instinct, je tapote avant tout avec ma patte. Incroyable sensation, on dirait qu'il y a de la vie dans cette eau. Comme des centaines de mini proies en forme de bulle qui semblent s'évaporer à la surface. Je deviens fou. Il va falloir que je goûte. Je goûte. MMMMPPPPFFFFF. Qu'est-ce que c'est que ce bins ? Ma langue, au contact du liquide, s'est fait littéralement agresser par des microbulles urticantes (pourtant, ma langue, elle en a vu d'autres). Je bats en retraite, mais me résous rapidement à jeter un oeil à cette bouteille étrange. Dedans c'est le festival, un véritable feu d'artifice. Mon devoir de félin doit être accompli. J'attaque.

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Il m'a déchiré le nez

2 mars 2010 par LaPin

 

C'est pas en tricotant des écharpes qu'on agrandit son Lebensraum

Oui je sais je cicatrise vite et on voit pas bien sur la photo, mais j'ai le museau plus amoché qu'il n'y paraît. Au point que je suis rentré à midi alors qu'il fait grand beau et que les insectes sont de sortie.

C'est dans le cadre de mon expansion territoriale que je ramène cette nouvelle balafre. D'ici quelques mois, quand j'aurai atteint ma taille adulte, je prendrai ma revanche.

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Mon cul sur son nez (ça fait de la fumée ?)

5 février 2010 par LaPin

Voilà déjà un certain temps que j'essaie de trouver une explication à cette dure réalité : mon anus n'intéresse personne dans cette maison. Quand j'étais tout bébé pourtant, ma mère me le léchait au moins douze fois par jour, et me réprimandait quand je préférais crapahuter avec mes frères et soeurs plutôt que de lui accorder cinq minutes pour cette séance de nettoyage. J'avais beau avoir deux mois, je me souviens très bien que c'était agréable, et qu'après, je me sentais tout propre.

Pourquoi les japonais le font et ma famille déteste ça ?

Alors naturellement, je tends à reproduire avec papa-razzi ces rituels appris avant mon sevrage. Après une bonne journée de chasse virtuelle (un insecte, une chaussette, l'orchidée, mes souris, mon gosig ratta, un pied humain dépassant d'une couette, l'aisselle de papa...), j'ai besoin d'amour. Alors je vais dans le lit parental, surtout quand papa lit (maman dort). Je pousse d'abord le bouquin, qu'il écarte docilement. Je m'assieds sur le torse de papa, couvert par la couette chaude et moelleuse, et le regarde droit dans les yeux. Il me caresse le menton, la nuque et partout, complètement gaga devant mon pelage soyeux et attendri par ma propension à la tendresse. Une puissante sensation de plaisir m'envahit. Loin de moi la dureté de l'initiation à la vie de chat autonome et maître de son territoire. Je replonge en enfance, quand, bien au chaud, je tétais la mamelle maternelle.

C'est là que, grisé par la mémoire de mes cellules, je répète ce geste automatique : j'effectue une rotation de 180°, et amorce le mouvement qui mettra mon anus à portée de sa langue. Contrairement à ma maman biologique, papa adoptif commence à se débattre et à me donner une fessée. Il ne m'aime pas autant qu'il le dit. Il a beau seriner du matin au soir "mon lapinou minet que tu es mignon" ou autres idiotie de ce genre, au moment où je lui donne ce que j'ai de plus précieux et de plus intime à partager, il m'envoie bouler.

Humains, vous ne savez pas ce que vous voulez. Vous parlez mais vous n'agissez pas.

l'exception qui confirmerait la règle?  

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C'est l'heure de dormir ?

4 février 2010 par LaPin

LaPin sait que le secret, c'est d'être dans le tempoLaPin sait que le secret, c'est d'être dans le tempo

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Mon raton, mon gosig råtta

31 janvier 2010 par LaPin

mon nouveau doudou gosig råtta

 

Ma soeur, furetant chez Ikea pendant que ses parents se chamaillaient pour le choix de chaque produit à acheter, a fait pression sur ces derniers pour l'acquisition d'un doudou pour LaPin. J'ai donc la joie de présenter GOSIG RÅTTA. Merci la soeur, je ne suis pas un ingrat.

J'éprouve néanmoins de grandes difficultés à le regarder comme un ami. Il me faut mettre en pratique des techniques zen susceptibles de mater mes instincts. Je souligne au passage que la compagnie des hommes exige d'un animal comme moi des efforts démesurés (dieu merci la propension d'un chat à cohabiter avec les humains ne date pas d'hier, nos gènes ont eu le temps d'apprendre à supporter vos comportements parfois absurdes) : j'ai droit à un doudou, douce pensée bien humaine de la part de la famille. Mais c'est un rat ! Le rat : target number one.

Pour mémoire je suis un petit félin carnassier, grand tueur de de rats et de souris. M'acoquiner avec un doudou rat du nom de gosig råtta me semble donc, de prime abord, totalement impossible.

 

 

gosig råtta : tu me donnes chaud

 

Alors je travaille sur moi-même. Je m'efforce de garder à l'esprit que le rat, c'est la monnaie du deal entre les hommes et les chats. Le rat pullule dès que le matou se fait virer : soit hommes et chats cohabitent, soit l'humain urbain vit au milieu des rats et souris.

Mon petit ratounet, mon petit gosig råtta : tu es peut-être, pour le poète, un symbole de paix, mais je suis là pour te bouffer et bouffer tes congénères. Tant que j'arriverai à lutter contre mes obsessions, je t'épargnerai. Mais je ne te promets pas un avenir radieux.

 

 

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Pensée pour le cousin Enzo

26 janvier 2010 par LaPin

Cousin Enzo ?

Allo ? T'es où?

Tu twittes plus.

Tu t'es pas remis de ton anésthésie ?

 

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Impérialisme : je sens que c'est mon tour

19 janvier 2010 par LaPin

Oui je sais je manque d'assiduité ces temps ci à la rédaction. Mais depuis mon retour de vacances je suis ne suis plus le même félin.

Je dois avouer avoir manqué de pisser sous moi dans la voiture lors du premier voyage. Comme un chaton de six semaines. Ça m'a permis de relativiser. C'est vrai la confiance, ça vous gagne au fur et à mesure que les premiers mois passent. On commence à se pavaner, à sentir que l'annexion des terrains voisins est à sa portée, qu'ont est la coqueluche de sa famille et des autres humains aussi. C'est grisant. Mes oreilles hyper performantes (quarante fois plus que les vôtres bande d'insensibles) ne cessent d'entendre que je suis trop mignon, super doux, hyper affectueux. C'est vrai que du côté du gringue aux humains, j'ai du talent (quand je vois certains collègues hargneux, farouches et flippés au moindre coup de vent, incapables de présenter autre chose aux humains que leur anus, je remercie le bon dieu).

Oui avant le départ, je commençais à me la péter. Je leur ai bien fait faux bond le jour du voyage. Mais n'empêche que je me suis retrouvé dans cette maudite cage. J'ai cru que c'en était fini de moi. Que j'allais devoir repartir à zéro, confié à une famille d'appartement.

C'est en rentrant que j'ai pigé : les humains partent temporairement loin de chez eux, mais ils reviennent. Renforcé par cette épreuve, j'ai décidé de profiter à fond de ma bonne santé et de mon insatiable curiosité pour serrer un peu la vis dans ma gestion territoriale. De retour sur mes terres, j'ai élargi la zone. J'ai bourlingué, j'ai rencontré moult nouveaux collègues plutôt dociles, mais aussi de nouveaux humains, qui m'ont conforté dans l'idée que même si ma maison brulait, je pourrais vite trouver une nouvelle famille d'accueil pour m'assurer le gite et le couvert.

Avis de recherche : LaPin a disparuCe genre d'exploration n'est pas sans risque, mon instinct le sait. Mais j'ai besoin de vivre ma vie à 100%. En plain raid sur l'immeuble inexploré au bout de la rue, j'ai suivi un collègue, suis monté en suivant un monsieur, suis rentré. On m'a tout de suite caressé, tout le monde se posait des questions. Je donnais le change parce que je suis bien élevé (au fond), du coup on m'a servi un diner, et c'est là que j'ai vu le gros matou se pointer, l'air de dire "mon grand c'est chez moi ici". On a feulé on a fait un concours de hérissement on s'est donné des coups de pattes on s'est observé on a fini par se renifler l'anus on à joué à chat quoi. Puis la dame, qui avait l'air vraiment vraiment désolée, a fini par m'ouvrir la porte et me dire de partir. Nickel pour moi : j'avais déjà fait le tour de l'appartement, alors je suis parti. C'est là que j'ai percuté qu'il faisait un froid de gueux et que ma fabuleuse fourrure dense et rousse s'était habituée aux vingt degrés qui régnaient chez les humains, et que les dix degrés sous zéro de l'air extérieur et le manteau blanc de la neige créaient un choc thermique en fort contraste avec les événements précédents. Je continue ma reconnaissance de ce territoire qui semble sans limites. J'ai bien conscience que je m'éloigne, mais je continue, même si la neige me gèle les coussinets et me fouette les moustaches.

Trois heures plus tard, sur le chemin du retour vers la maison, j'aperçois de la lumière là où on m'avait offert à souper quelques heures plus tôt. Je miaule fort pour remercier, j'insiste. Là une autre fenêtre s'ouvre, et une autre dame me voit. Trois minutes plus tard, cette même dame ouvre la porte de l'immeuble, me prend dans ses bras et m'embarque. Bon remarque je n'ai rien contre, à ce moment là, les trente sept degrés de sa poitrine. Elle me sert du lait et des croquettes (il y a un chat dans cette maison), et voilà un collègue papy qui se pointe. Il n'a pas l'air belliqueux. Je le jauge d'un coup d'oeil cinglant. Il abandonne tout de suite. Je suis chez moi. J'ai conquis cette maison. La preuve, c'est que la dame m'invite dans son lit, qui ne sent pas le gros matou. Ehehehehe. Il suffit de laisser le charme agir (et de soigner son pelage), et clac, on a droit à des privilèges que mêmes les autochtones se voient refuser depuis belle lurette. A ce moment là je me la pète encore.

Le hic, c'est que je ne suis pas dans une maison. Le matou a sa gamelle, son panier et sa litière. Parfois il met le nez à la fenêtre. A se demander s'il a le droit de sortir... J'ai donc dormi entre madame et monsieur, impecc. Monsieur ronfle nettement moins que papa. Au matin, on me sert une collation, puis fidèle à l'habitude, j'approche de la porte, histoire de retourner vaquer à mes opérations de conquête. Et là il ne se passe rien. J'entends dire qu'il fait un froid de canard, à ne pas mettre un chat dehors. J'entrevois les prémisses d'une séquestration. Je frémis. Je fonce consulter le matou, qui finit par me répondre que naturellement, il va dehors, qu'il a déjà conquis ces terres avant moi, que je ne suis qu'un blanc museau bien prétentieux de croire que toutes ces terres m'appartiennent, et qu'il pourra me prouver qu'il connaît mieux le quartier dès sa prochaine sortie.

Euh matou, c'est quand la prochaine sortie ? Parce que c'est pas tout ça, mais moi, je ne pisse plus dans une litière depuis deux mois. Et que je me connais : si je me retiens trop longtemps de faire ma crotte, je peux devenir vraiment très très méchant. Et le temps passe. Je commence à regretter ces excès de bouffe qui s'accumulent dans mon gros intestin. La pression monte de toute part. Je me soulage partiellement dans la litière du matou, mais ça me dégoute, et je commence à m'impatienter.

La réalité, c'est que ça s'est éternisé. J'ai appris plus tard que les parents avaient lancé un avis de recherche, que ma photo avait été placardée dans toute la région. Trop fort : la pipolisation de ma félinité, ça me plaît je dois dire. L'avis de recherche a fini par fonctionner. J'ai vu maman et mes frères et soeurs arriver, et discuter avec madame. On m'a mis sous une doudoune et on m'a ramené à la maison.

 

J'ai retrouvé l'avis de recherche.

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Complètement obsédé

15 janvier 2010 par LaPin

Dès que je ferme les yeux, voilà ce qui s'affiche.

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Et moi et moi et moi

LaPin au taff avec son matos pour écrire son blogLaPin, c'est mon nouveau nom. Avant je m'appelais Titi. Vous noterez que mes prénoms rivalisent de débilité, mais je suis au-dessus de ça. Roukmoute (rouquin dans le langage de Marraine) tigré mâle je suis. Je viens de la rue du Faubourg Saint-Martin à Paname.

Je suis né chez un escroc de véto qui vend les greffiers comme moi 350€, j'ai été adopté (et payé) d'abord par une dame dépressive qui habitait dans 15m², puis un jour, Marraine a rencardé Papa sur une annonce qui me concernait, parce que j'ai tout fait pour faire définitivement péter les plombs à la dame (trop petit chez elle).

Alors Marraine et Papa sont passés me prendre. Papa, il m'a eu gratos. J'ai d'abord passé quelques heures chez Marraine avec un gros matou (Enzo j'crois qu'il s'appelle), et pis après j'ai fait un demi-tour de périph' à fond les ballons sur la bécane de Papa. J'ai miaulé comme un fou mais Papa entendait rien évidemment. Et pis en plus à ce moment précis je ne savais pas si ce serait mon papa.

Vous pouvez m'écrire à lapin@notawebagency.com

signé LaPin, greffier